LIEU : Grande Salle
Collectif La Vie Brève
Robert Plankett est mort. Ses proches se retrouvent chez lui pour vider la maison, ranger leurs souvenirs, s’occuper de ce qui reste et de ceux qui restent. De Robert Plankett, on ne sait que peu de choses. C’est à travers ses proches qu’un portrait de lui se dessine lentement, un portait non dénué d’humour et de relief coloré. Une mise en scène et une scénographie remarquables. Une création collective : pas de texte en amont de la création, tout s’est écrit au plateau avec les acteurs. Ils sont convoqués non plus comme simples interprètes mais comme auteurs.
Les spectateurs sont invités à une rencontre en bord de scène avec le collectif après la représentation.
Robert Plankett, metteur en scène contemporain, est mort et ses proches se retrouvent dans sa maison pour s'occuper de « ce qui reste » et essayer de faire face à cette disparition prématurée et subite, à ce « scandale ».
Ses amis, sa compagne et une cousine germaine trient ses affaires, se confrontent au vide, résilient ses contrats, « toutes ces petites choses auxquelles on n'a jamais pensées », s'interrogent sur l’absurdité de cette mort, vident son frigo, tombent face à face avec un poulet congelé qu' « on aurait dû mangé avec lui », tentent de trouver du sens en observant le comportement des saumons du Pacifique, se souviennent de
moments intimes passés avec lui, réinterprètent le passé.
Pas de texte en amont de la création, tout s’est écrit au plateau avec les acteurs. Cette écriture collective s’appuie sur des éléments composites qui prennent leur source dans différents supports : littérature, documentaire, anecdotes personnelles, films, peinture, etc. Les acteurs sont convoqués sur le plateau non plus comme simples interprètes mais comme auteurs.
Le point de départ de cette création fut cette situation de mort prématurée : Robert Plankett meurt d’un AVC. À partir de cette situation traitée de manière réaliste, le jeu a consisté à créer des décalages, des torsions, des boursouflures : une base réaliste que l’on vient altérer, « griffer » pour créer des « haïkus scéniques ». Un exemple : une femme décrit au public son histoire d’amour passée avec Robert, elle raconte leur rupture amoureuse en montrant des détails sur son corps qui devient une « grande carte des sentiments », « un atlas intime » ; à un moment, elle découvre sa cheville, montre sa malléole et dit : « ça, c’est la boule que j’avais alors dans la gorge. » C’est un théâtre d’assemblage qui circule entre concret et métaphore.
La Vie Brève est composée d’acteurs, de metteurs en scènes et d’une scénographe qui se sont rencontrés au cours de leur formation au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique, au Conservatoire du 5ème arrondissement de Paris, à l’Ecole Régionale d’Acteurs de Cannes et aux Arts Décoratifs.
À notre sortie du CNSAD, Marc Vittecoq, Juliette Navis-Bardin et moi-même sommes invités par Arpád Schilling et le Kretakör à participer à des workshops et à créer quatre spectacles (Eloge de l’escapologiste, Père courage, Openning office, Laborhotel).
La recherche qu’il nous propose consiste à questionner les outils de représentation et à considérer l’acteur non pas comme un simple interprète mais comme un auteur/créateur. Lors des workshops, perdus dans une maison de chasseur hongroise ou dans un centre de vacances anciennement voué à accueillir de jeunes élèves communistes, nous avons cherché jour et nuit, montré des « études » dans tous les espaces possibles, attendu une journée entière seuls dans un champ (le mot-clé était « patience »), cherché comment arrêter le mouvement d’une rivière, composé des scènes à effets spéciaux, discuté pendant des heures du rapport fond-forme et de la question du cadre. Comme des scientifiques, nous avons fait des expériences et avons abordé une question chère à Vitez: peut-on faire du théâtre de tout ?
Simultanément à cette intense période de recherche en milieu hongrois, je lance une série de chantiers en France avec les acteurs qui composeront plus tard le collectif La Vie Brève. Chaque laboratoire a été accueilli dans un lieu différent: la Ferme du Buisson, une maison et sa grange dans le Lot et Garonne, des appartements parisiens et des mjc : autant de lieux qui ont déterminé le rapport à la recherche théâtrale, à l’espace, au point de vue.
En janvier 2009, José Alfarroba (directeur du Théâtre de Vanves) et Christian Bénédetti (directeur du Théâtre-Studio d’Alfortville) invitent La Vie Brève en résidence pour créer ROBERT PLANKETT.
© Charlotte Corman.
Production : Collectif La Vie Brève. Coproduction : Théâtre de Vanves, SC danse. Soutien : Centre National du Théâtre (aide à la création « dramaturgies plurielles »).