Arlequin poli par l’amour  | Théâtre THOMAS JOLLY – LA PICCOLA FAMILIA MARDI 1 DÉCEMBRE - 20H30

Quelques ampoules, des guirlandes lumineuses, des serpentins de papier et le cadre féérique est posé pour cette histoire d’amour entre Arlequin et la jolie bergère.
Les personnages de la pièce sont à un instant de leur vie, où tout est possible, où l’on veut et espère pouvoir changer le monde.
Douloureuse sortie de l’enfance, toutefois, que celle de ces amants sincères et naïfs, exposés aux plans machiavéliques d’une femme de pouvoir. Les duperies et les méchancetés de la fée, animée par la jalousie et la colère, menacent la fraîcheur et la spontanéité des jeunes amours.

Mise en scène et scénographie : Thomas Jolly. Création lumière : Thomas Jolly et François Lelong. Création costumes : Jane Avezou. Interprétation : Julie Bouriche, Romain Brosseau, Rémi Dessenoix, Charlotte Ravinet, Taya Skorokhodova, Romain Tamisier.

Production : La Piccola Familia. Coproduction : Théâtre des deux rives CDR Haute-Normandie. Soutiens : l’ODIA Normandie ; DRAC Haute-Normandie.

 

Note d’intention / Thomas Jolly

En 2006, Arlequin poli par l’amour est bien plus, pour moi, qu’une pièce courte de Marivaux. C’est une entrée. C’est une idée, un projet, un espoir qui se pose. L’idée d’une colère, le projet d’une lutte, l’espoir d’une ambition autre.
Derrière ce personnage que le théâtre a hissé en symbole, c’est le droit à l’existence qui s’exprime. Crier qu’on est vivant, qu’on est là et qu’on entend être libre. Laisser parler cette
insolence parce qu’on se souvient que c’est Dante, dans son “enfer” qui brosse les premiers traits de ce personnage, et qu’on devine en lui les démons qu’il a pour ancêtres.
Il est jeune, et fou, et bête encore et déraisonné. Ce que nous étions alors : penser se réunir pour faire du théâtre sans autre volonté que celle-ci, qui est la seule qui vaille, et se foutre des cadres, et de la profession, et de notre avenir – et l’argent ? et son loyer ? et son couple ? et son plan de vie ? et sa carrière ? – juste faire du théâtre et s’étonner de trouver en ces personnages le souffle qu’il nous fallait, les mots que nous voulions, les questions qui nous agitaient – l’auteur était jeune alors, comme eux, comme nous, tant de jeunesse devait créer quelque chose.
En même temps que grandissait ce spectacle, que nous rencontrions les publics, c’est le projet d’un théâtre de vie (ou d’une vie de théâtre) qui s’affinait.
Un théâtre populaire, intelligent et festif, pour et avec les gens. Tous les gens. La pensée d’une compagnie.
L’aventure de ce spectacle a duré 4 ans. Il a parcouru les routes françaises et étrangères avec joie et enthousiasme mais plus le temps passait, plus il fallait être honnête : nous étions, en grandissant, de moins en moins proches de la réalité de ces personnages.
En 2011, je décide de remettre l’ouvrage sur le métier. De transmettre ce spectacle à une nouvelle génération d’acteurs et d’actrices. Marivaux convoque la jeunesse, sa fougue, son insolence, sa bêtise splendide, sa maladresse, son enchantement. L’endroit des ambitions sans bornes et de la foi en un autre monde. Oui, cet endroit que chacun a connu, connaît ou connaîtra, le moment de nos vies où l’on veut/peut/croit/espère changer le monde.
Arlequin et Silvia sont à cet endroit. L’endroit de tous les possibles. Le croisement de tous les chemins, cette période où il s’agit de choisir parmi toutes les vies qui s’offrent à nous…
Choisir ou se laisser choisir : la volonté ici est toute relative – et on le comprend plus tard. (C’est la vieille histoire du débat nature/culture…). Cette période – celle de l’éveil de la conscience – de soi, des autres, du monde – ne se joue pas. On est dedans ou on ne l’est plus (avec soulagement ou nostalgie, parfois – méandre – les deux ensemble).

 

A propos de Thomas Jolly

Thomas Jolly est né le 1er Février 1982 à Rouen. Il commence le théâtre dès 1993 dans la compagnie “théâtre d’enfants” dirigée par Nathalie Barrabé. Il entre ensuite au lycée Jeanne d’Arc en classe théâtre et travaille sous la direction des comédiens du théâtre des 2 rives/CDR de Haute Normandie.
De 1999 à 2003, parallèlement à une licence d’études théâtrales à l’université de Caen, il crée une compagnie étudiante et intègre en 2001 la formation professionnelle de l’ACTEA où il travaille avec Olivier Lopez, Sophie Quesnon, René Pareja…
En 2003, il entre à l’Ecole Nationale Supérieure du TNB à Rennes dirigée par Stanislas Nordey.

Il travaille sous la direction de Jean-François Sivadier, Claude Régy, Bruno Meyssat, Marie Vayssière…
En 2005, il joue dans Splendid’s de Jean Genet, mis en scène par Cédric Gourmelon et en 2006, sous la direction de Stanislas
Nordey, il joue dans « Peanuts » de Fausto Paravidino.
A l’issue de sa formation, il fonde la Piccola Familia avec une partie des comédiens qui ont accompagné ses années d’apprentissage. Il met en scène « Arlequin poli par l’amour » de Marivaux en 2007 (repris en 2011 avec une nouvelle distribution), « Toâ » de Sacha Guitry en 2009 (Prix du public, festival Impatience, Théâtre de l’Odéon, Paris) et « Piscine (pas d’eau) » de Mark Ravenhill en 2011.
Parallèlement aux créations de la compagnie il répond à plusieurs commandes du Trident/Scène Nationale de Cherbourg-Octeville et crée Une nuit chez les Ravalet (spectacle déambulatoire avec La Piccola Familia), Pontormo en 2008 et Musica Poetica en 2011 (deux spectacles/concert avec l’ensemble baroque Les Cyclopes).
En marge de ses créations, Thomas Jolly intervient auprès de la 7e promotion de l’école du TNB. En 2011, il conduit un atelier de 6 semaines autour de Victor Hugo, en 2012, il entreprend avec eux 5 semaines sur le théâtre élisabethain.
Depuis 2010, il travaille sur « Henry VI » de Shakespeare, un spectacle-fleuve de 18 dont il créé les deux premiers épisodes en 2012. Le troisième épisode voit le jour au TNB en 2013, année durant laquelle Thomas Jolly met en scène Box Office, un texte du jeune auteur Damien Gabriac. C’est en juillet 2014 qu’il créé le quatrième et dernier épisode d’Henry VI, clôturant ainsi cette saga shakespearienne donnée en intégralité lors de la 68e édition du Festival d’Avignon.
Cette même année 2014, Thomas Jolly devient artiste associé du Théâtre National de Bretagne à Rennes. En 2015, il est artiste associé au Théâtre National de Strasbourg.


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