Asile  | Théâtre Anne-Cécile Paredes || Faites la transition #2 vendredi 24 janvier à 20h30

« Je m’appelle Anne-Cécile Paredes. Je suis auteure et photographe.
Je suis née en 1979 à Lima.
En 1984, ma mère et moi avons quitté le Pérou. Je suis arrivée en France à l’âge de 5 ans pour fuir une guerre civile qui se déroula au Pérou de 1980 à 2000.
J’ai perdu ma langue, ma famille et une partie de mon histoire s’est enterrée le jour où nous avons pris l’avion.
Elle ne m’a rien dit.
J’ai été sauvée par l’école.

Asile est le témoin de cette arrivée en France.
Le parcours semé d’embûches et d’énigmes est aussi celui de la multitude des visages qui constituent notre monde.
Depuis, je fabrique des histoires vraies de toute pièce. »

S’appuyer sur ses cinq sens pour remonter le fil des souvenirs : la douceur d’un sac de cuir porté pendant le voyage, l’odeur des mouchoirs parfumés où enfouir son chagrin, le son d’une petite boite à musique achetée à l’aéroport, la vue sur la Cordillère des Andes que l’on quitte, le goût amer de l’absence…
La première création théâtrale de la photographe Anne-Cécile Paredes est une entreprise de reconstruction : celle de l’histoire, parfois effacée, parfois violente ou colorée d’une petite fille qui a fui la guerre civile péruvienne. Création sonore, art visuel et textile servent un récit où s’entremêlent faits réels, témoignages et fiction : une esthétique de la mémoire vive.
Henriette Peplez

Anne-Cécile Paredes

Artiste photographe et auteure, Anne-Cécile Paredes fabrique de toute pièce des histoire vraies. Elle crée la compagnie d’arts visuels OLA en 2014 et expérimente depuis des dispositif visuels et sonores pour donner à voir et à entendre des récits d’individus. Elle imagine des protocoles de prise de parole et s’intéresse dans la majorité de ses projets artistiques aux marges de notre société. Quels sont les récits des invisibles?
Qu’est ce que cela pourrait changer de les entendre et peut-être, de leur faire une place dans nos imaginaires, dans la perception du monde qui nous entoure.
En 2017, elle décide de faire le pas du vivant. Une équipe hybride se monte pour créer Asile, une équipe réunissant, les artistes d’OLA et de nouvelles énergies venant du monde du théâtre. Le premier défi d’Asile fut de trouver un équilibre entre les formes, les codes, les repères, les méthodes, de chaque champs disciplinaire et surtout de les bousculer.

ASILE devient un spectacle pluridisciplinaire où le son, l’image et les art plastiques portent, au même titre que le vivant, une part importante de la narration. A l’instar de l’interprétation du texte par la comédienne, eux aussi racontent et témoignent pour devenir des éléments incontournable de la dramaturgie.
Nous faisons alors le choix de nous débarrasser d’une situation théâtrale pour considérer le plateau comme le recueil d’une mémoire collective, un lieu où l’on dépose, transforme, raconte, oubli et recompose sans cesse. Rien ne se cache, tout est remis en jeu sous les yeux du spectateur. On voit alors le théâtre en train de se faire, nous impliquons le spectateur, nous le considère, nous nous adressons à lui dans une grande proximité pour lui raconter quelque chose d’intime et d’universel, l’histoire d’Anabella.
Une langue commune le rituel. Chacun des trois personnages réalise différents rituels qui se combinent, se rencontrent, dialoguent, s’accumulent pour se rejoindre dans une transe finale portée par les trois personnages. D’un plateau quasiment nu et fermé par deux pendrillons, nous évoluons durant 1h 15mn vers un espace ouvert, complexe, recouvert, généreux et riche.
30, % d’autobiographie, 30 % d’Histoire, 30 % de fiction et 10 % d’insolence! Asile navigue sans cesse, entre la grande Histoire et la micro histoire, pour nous parler du Pérou et de la France, de la guerre et de sa mémoire, de l’exil des grandes traversées et de l’exil de classe.
Quelles sont les histoires de celles et ceux qui arrivent en France et en Europe aujourd’hui ? Comment vont-ils eux aussi devenir français? Quel fragment de nos avenirs portent-ils dans leurs valises? Asile est une histoire parmi tant d’autre histoires portées par des individus aux identités plurielles et complexes. Un jour eux aussi participeront à reconstruire notre langue et dans son plis, les nouvelles images de notre continent.
annececileparedes.com

Opéra Pagaï

Opéra Pagaï porte et développe le projet d’espace collaboratif, dénommé la Plateforme, depuis maintenant près de 4 années. Dans une logique de compagnonnage, à long terme, la compagnie partage les moyens humains et matériels nécessaires au développement de projet de création d’autres artistes et compagnies du territoire.
A l’heure actuelle, Opéra Pagaï apporte son regard artistique, ses conseils en administration et en production, son expertise et son soutien technique.
C’est dans ce cadre qu’Opéra Pagaï s’est donc engagé dans la production déléguée d’Asile d’Anne-Cécile Paredes (OLA), artiste développant un travail photographique s’attachant au récit et à la fiction.

Programmation dans le cadre de « Faites la transition #2« 

Les Partenaires de la Création :
Asile : une production déléguée Opéra Pagaï
Coproductions : Opéra Pagaï, Créa’Fonds – collectif d’accompagnement et fonds mutuel de soutien à la création, OARA – Office Artistique Région Nouvelle-Aquitaine, Pronomade(s) en Haute-Garonne – centre national des arts de la rue et de l’espace public, CarréColonnes – scène conventionnée d’intérêt national art et création, Glob Théâtre – scène conventionnée d’intérêt national art et création
Aide à la résidence : l’Avant-Scène – scène conventionnée
Bourse à l’écriture : OARA – Office Artistique Région Nouvelle-Aquitaine / Résidence au Chalet Mauriac
Aide à la création : Ville de Bordeaux – dossier déposé, en attente d’une réponse ; ADAMI – dossier déposé, en attente d’une réponse
Opéra Pagaï est en convention avec le Ministère de la Culture et de la Communication-DRAC Nouvelle-Aquitaine. Elle est soutenue par la région Nouvelle-Aquitaine, le Conseil départemental de la Gironde et la Ville de Bordeaux.


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