Celles qui me traversent  | Danse Anne Théron Jeudi 9 mars - 20h30

Poétique avant tout, cette forme singulière autorise toutes les projections.
À la manière du Je est un autre rimbaldien, l’ambition est de mettre en scène la parole échangée avec cet autre qui est en soi, un autre aux multiples visages.
Moi et l’autre, en moi : est-ce un double ou un flux qui construit et modifie une identité sans cesse en mouvement ?

Anne Théron cherche aussi à faire percevoir les plis, les replis de la parole ; parole portée par deux danseuses et quatre femmes artistes.

Anne Théron, à propos des danseuses : julie coutant et akiko hasewaga

« Dès le début, j’ai su que ce projet serait pour deux danseuses au plateau, deux danseuses avec lesquelles j’ai déjà collaboré, et qui convoquent le Féminin de différente façon.
J’ai rencontré Julie Coutant sur la création de Jackie, un texte d’Elfriede Jelinek, un monologue interprété par la comédienne Nirupama Nityanandan. Je voulais qu’on voie le personnage de Jackie Kennedy créer une nouvelle image de la femme, ce avec le corps de Julie dont l’androgynie propose une féminité troublante. Plus tard, j’ai travaillé avec Akiko Hasegawa à qui j’ai demandé d’intervenir comme l’altérité (femme, danseuse, japonaise) de l’acteur Stanislas Nordey (homme, comédien, français) dans le spectacle L’Argent, que j’ai créé à partir du texte de Christophe Tarkos.
Julie et Akiko sont donc deux interprètes avec lesquelles j’ai déjà abordé le thème du double et de l’altérité. J’ai toujours eu le désir de réunir ces deux interprètes, peut-être à cause de leurs différences. Car je ne crois pas qu’il existe Une Féminité mais des femmes, nombreuses, singulières, aussi bien dans leur être, leur corps, que dans leur rapport au monde. C’est donc dans leurs corps, le mouvement de ce corps, que je cherche le lien entre l’enveloppe et son contenu, entre une femme et ce qui la constitue, que ce soit son imaginaire, son inconscient, sa fiction ou sa mémoire.

Bref, une fois de plus je cherche à creuser dans l’organique et la sensation. Deux danseuses qui répondent à l’équation : 1+1=1.

Chacune comme excroissance et intériorité de l’autre. À une époque lointaine, je me rendais souvent à Lyon et je regardais les matches de pétanque sur une chaîne locale où les membres des équipes, équipés de discrets HF, se marmonnaient des conseils, sinon des injonctions, quant aux tirs qui se succédaient. Je me souviens à quel point il était étrange de voir ces hommes qui chuchotaient sans jamais s’adresser un regard, tous concentrés sur leurs boules dont il fallait qu’elles collent au cochonnet.
Très vite, le spectateur avait la sensation que ces joueurs s’adressaient à eux‐mêmes, s’encourageaient, s’admonestaient ou se vilipendaient, toujours les dents serrées, interlocuteurs d’un invisible, tous ensemble telle une hydre à têtes multiples, jaillies d’un seul corps… d’un seul souffle. C’est ce que je voudrais retrouver au plateau.
Deux danseuses, capables de fusionner dans un même geste pour soudain se fragmenter en entités distinctes, l’une convoquant l’autre, sans la regarder, sans la voir, mais la faisant exister parce que la désignant avec ce « tu » que chacun connaît comme une façon de se parler à soi‐même.
Elles seraient toutes deux le flux qui relie une sensibilité à une autre. »

Prod  : Les Productions Merlin.
COPRODUCTION L’Avant-Scène Cognac-Scène conventionnée danse, Le Grand R-Scène Nationale de La Roche-sur-Yon, POLE-SUD, CDC Strasbourg, La Filature – Scène Nationale de Mulhouse. AVEC LE SOUTIEN DE Gallia Théâtre de Saintes. La Compagnie Les Productions Merlin est conventionnée par la DRAC Nouvelle Aquitaine et la Région Nouvelle Aquitaine.


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