Finir en beauté  | Théâtre Mohamed El Khatib Mardi 30 janvier - 19h45 et 21h

Dans le théâtre de Mohamed El Khatib, le document est un atout, un outil, l’essence même de ce qui va faire écriture et représentations. Ici cette logique est poussée à son paroxysme puisque le matériau principal tient à un événement à la fois exceptionnel et banal, en tous cas universel et totalement privé : celui de la mort de sa mère.
À partir d’interviews, de courriels, de SMS, de documents administratifs et d’autres sources « réelles », le fils (re)construit seul en scène le récit de son deuil.
Caustique et souvent drôle, la pièce a reçu, en 2016, le Grand prix de littérature dramatique.

Note de contexte

Artiste en résidence à L’L (Lieu de recherche et d’accompagnement pour la jeune création – Bruxelles), je développe un travail autour des écritures de l’intime et tente d’en explorer différents modes d’exposition anti-spectaculaires. Au cours de ma recherche, à l’origine intitulée Conversation, je devais interroger le passage de la langue maternelle (l’arabe) à la langue théâtrale, à partir d’entretiens réalisés avec ma mère. Le 20 février 2012, son décès (suite à un cancer du foie) a bouleversé mes intentions. Cet « accident » a court-circuité le travail théâtral jusqu’à faire se confondre vie et oeuvre.
Intitulée Finir en beauté mais toujours centré sur la question des écritures de l’intime, la création qui découle de ce processus de recherche à L’L tente d’explorer les modalités de dialogue à partir de la notion de « débris » : débris d’une relation, d’une histoire, d’un paysage, de tout ce qui restera de nous (« nous » étant ici une mère et un fils après un événement définitif comme la mort) ; débris de langue maternelle, débris de langue théâtrale, débris d’écriture (à la fois comme contenu et comme principe d’organisation de l’acte d’écrire).

Mohamed El Khatib

Un projet également éditorial

Finir en beauté est une fiction documentaire en deux mouvements : une performance et un « livre », pièce en 1 acte de décès. Ce même geste permet ainsi de partager cette expérience via deux temporalités différentes. Après le caractère éphémère de la représentation, l’objet littéraire propose une traversée au temps long, une trace que chaque lecteur pourra explorer à son rythme. Ce livre, s’il contient l’essentiel des éléments présents dans la performance, offre surtout d’autres prolongements sur cette question du deuil. Cet ouvrage sculpté convoque différents matériaux d’ordre textuel, typographique et plastique. Les documents administratifs, les photographies, la texture même des pages viennent offrir une perspective sensible à cette vision du deuil.
Une partie du projet ayant été élaborée sur la base d’enregistrements, un ensemble sonore accompagne cette production. Cette « bande originale » (audible sur finirenbeaute.org) composée de cartes postales sonores prises lors des différents moments qui ont jalonné cette expérience : on y entend l’arabe de ma mère, les balbutiements du médecin ne sachant annoncer la mort, des chants religieux, et autres textures sonores dans lesquelles j’ai baigné tout au long de ce deuil.

Production : Zirlib. Coproduction : Tandem Douai-Arras, Théâtre d’Arras — montévidéo, créations contemporaines (Marseille) — Théâtre de Vanves — CDN Orléans/Loiret/Centre — SN Sète et du Bassin de Thau. Aide : Association Beaumarchais, SACD. Soutien : Festival actOral, Fonds de dotation Porosus. Texte : aide à la création CnT ; Association Beaumarchais, SACD, Région Languedoc-Roussillon. Zirlib, soutien : Ministère de la Culture, DRAC Centre, de la ville d’Orléans ; collectif porté par la Région Centre. Mohamed El Khatib est accompagné par L’L – lieu de recherche et d’accompagnement pour la jeune création (Bruxelles).


Participez sur les réseaux sociaux