Là – Cie Baro d’evel  | Cirque théâtre Baro d'evel jeudi 5 et vendredi 6 décembre à 20h30

Que reste-t-il quand on a tout enlevé ?

Il reste le blanc, sans doute.

Il reste aussi deux humains et un corbeau-pie embarqués dans un drôle de ballet, au coeur d’une scénographie totalement immaculée.

Volatile symbole de toutes les croyances et superstitions, l’oiseau nommé Gus, accompagnera le duo circassien.

Progressivement, comme si l’espace ressentait le mouvement, le duo amènera les différents langages qui nourrissent son imaginaire vers des tonalités plus sombres.

Avec LÀ se construit le premier volet d’un diptyque qui donne à voir ce que peut faire le corps : deux formes qui s’inscrivent dans le même élan pour tenter de déplacer le regard sur notre condition.

À chacune de leur venue à Cognac (Mazùt, Bestias, Les Falaisiens), les Baro d’evel ont frappé les esprits par l’originalité de leur univers et par leur aptitude à détourner les codes de leur discipline. Cette fois encore, avec LÀ, les spectateurs voyagent dans un rêve éveillé.

La compagnie

Un des acrobates de la compagnie racontait récemment que son premier souvenir au sein de Baro d’evel a été de nous rencontrer en fabriquant un mur de papier de 80 affiches collées les unes aux autres. Cette anecdote raconte beaucoup du fonctionnement de la compagnie. En effet notre recherche n’est pas cloisonnée et l’ensemble des artistes mais aussi collaborateurs et techniciens se déplacent, s’influencent dans leurs spécificités.
Se mettre en danger artistiquement, chercher un art total, est un défi moteur pour nous, nous avons besoin des croisements, des rencontres tout en cherchant l’excellence de chaque discipline. C’est un travail ardu et quotidien, nous mêlons le mouvement, l’acrobatie, la voix, la musique, la matière, et notre particularité est d’incorporer à cette recherche la présence d’animaux. Dans nos espaces de jeu, pensés comme des écrins, les animaux sur scène apportent une certaine fulgurance de l’émotion, le spectateur est traversé par leur présence et une autre perception de la représentation a lieu.

Nous aimons prendre le risque d’une écriture précise prête à improviser à chaque instant, penser une dramaturgie à tiroirs, comme des poèmes intérieurs qui en fabriquent un plus grand.
C’est un paradoxe d’avoir des écritures à la fois millimétrées et en même temps tout à fait libres mais c’est une manière pour nous d’être toujours en recherche de la justesse de l’instant, donner à voir ce qui nous échappe ce qui se raconte malgré nous.
Nous aimons penser la représentation comme une cérémonie, un ré-enchantement, convier toutes ces disciplines, avoir sur scène ces animaux, ces enfants, ces artistes, pour fabriquer des spectacles qui emmènent le spectateur dans un labyrinthe intérieur, dans un rêve éveillé.
Camille Decourtye et Blaï Mateu Trias

Le diptyque , sur la falaise, une recherche, deux créations

Ce projet développe trois grandes lignes de recherche :
le noir et blanc, pour le travail des matières et la transformation des espaces,
l’équilibre et le déséquilibre, pour aborder le travail du corps et de la voix,
et enfin la mise à nu et la transformation dans le travail aux cotés des animaux.
Ces territoires de recherche doivent faire corps, pour faire naître deux spectacles, deux formes qui s’inscrivent dans un même élan. Chercher dans la répétition, faire et refaire avec une certaine férocité, s’obséder, s’amuser à se perdre dans de nouvelles textures de son, de corps, toujours aux cotés de nos partenaires, oiseaux, chevaux, pour tenter de déplacer notre regard sur notre condition. Chercher à entrer dans une forme de transe afin d’essayer de résister à un monde où l’homme se dissocie du reste du vivant. Et plonger dans les territoires intérieurs de chacun, pour nous relier les uns aux autres.


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