Oh les beaux jours  | Théâtre CIE LE SABLIER Vendredi 20 novembre 2015

Au milieu d’un paysage de désert brûlé, Winnie se réveille et vaque à ses occupations sous le soleil du zénith. Elle s’accommode de son malheur avec grâce et joue à s’imaginer qu’elle vit de beaux jours.

L’auteur revient sur son thème favori : le réel qui nous empêtre, nous aveugle, nous trompe, nous empêche de penser, nous contraint dans notre propre corps et toujours nous asservit. Et pourtant, l’humour demeure.

Mise en scène : Pascal Dubois. Avec Daniel Crumb et Marine Martin-Elhinger. Décor : Pascale Dubois et Thomas Elsendoorn.
Coproduction : Compagnie Le Sablier ; Maison du Comédien Maria Casarès. Soutiens : Région Poitou-Charentes et CG Charente.

 

Note d’intention et  contexte de création

Une coproduction Compagnie Le Sablier- Maison du Comédien Maria Casarès.
En 2015, après En attendant Godot (créé en 2013 et présenté à l’Avant-Scène en 2014) et Fin de partie (créé en 2014), la Compagnie montera le dernier volet de sa trilogie autour de l’œuvre de Samuel Beckett : Oh les beaux jours.
La création de ce 3ème volet se fera en coproduction avec la Maison du Comédien Maria Casarès avec une résidence de création de 6 semaines à Alloue et d’une semaine au studio Le Sablier.

Dans le cadre de son conventionnement avec la Région Poitou-Charentes et de son conventionnement triennal 2013-2015 avec le Département de la Charente, la compagnie Le Sablier a mis sur pied un projet de création plateau autour de l’œuvre de Samuel Beckett sous la forme d’un triptyque constitué des pièces En attendant Godot, Fin de partie et Oh les beaux jours
La trilogie (intitulée comme telle, tant ces trois œuvres nous semblent visiter l’univers théâtral tout entier de Samuel Beckett), nous parle de la fin d’un monde, le nôtre peut-être, que ce soit par la destruction de la fonction de communication dans les rapports humains ou par la hantise de la mort et de la vieillesse. Mais, dans tout ce chambardement, le théâtre, lui, demeure. « Toi, vieux linge, je te garde ! » (les derniers mots de Fin de partie).
Pour En attendant Godot, ce peut être la place grandissante des jeux d’argent (aujourd’hui en ligne), le loto (mot vulgaire s’il en est), la nostalgie d’un état providence (et de l’époque des trente glorieuses), l’espérance aveugle et sans engagement personnel d’un mieux vivre (quitte à refuser de voir une mondialisation assassine (cause du pseudo « Printemps Arabe ») qui explique cette attente qui n’en finit pas pour les demandeurs d’emplois, les chômeurs, les plus de 50 ans, le terme du crédit de la maison, la réussite scolaire des enfants, Noël pour dépenser mieux. Et la peur donc !
Mais comme dans les deux autres drames de Samuel Becket, il y a l’écriture qui donne à penser avec ce que l’on apporte avec soi au théâtre. Car c’est de nous et de chacun dont parle Beckett, à moins que ça ne soit que de lui. Si les niveaux de lecture sont multiples, nous pouvons pourtant nous arrêter à celui qui nous convient. Mais dire : « les pièces de Beckett son intellectuelles », quelle pièce ne l’est pas ? Dire : « En attendant Godot nous fait penser à la situation des migrants dans l’attente du passeur » réduira l’œuvre à un discours bien étroit. De la réalité à l’irréalité, Beckett pose la problématique de l’homme, aux prises avec la certitude de sa finitude et du comblement de son temps de vie, dans l’attente de sa fin. Que faire… penser ? Quelle ambition ! Se souvenir ? Mais faut-il encore avoir vécu ! Si tout ça n’était qu’illusion ? « On trouve toujours quelque chose, hein Didi, pour se donner l’impression d’exister » Estragon dans En attendant Godot, Beckett Samuel (extrait).

Fin de partie, c’est la peur de la crise, la peur de ne pas y arriver, la peur du manque, d’argent, d’essence, de travail, de vacances au soleil, la peur de l’autre, des chinois qui écrasent l’économie mondiale, des islamistes, des moustiques, de la grippe ! La peur ! L’espoir de continuer comme avant, alors qu’on change irrémédiablement et que nous marchons vers notre mort, nous guide dans les choix à faire.
Voilà pour un possible premier niveau de lecture !
Il y a, dans Fin de partie, une partition de l’être : Hamm pouvant signifier « l’esprit » (ou l’être pensant), Clov, le corps, et les parents, un passé-souvenir, ou bien les souvenirs possibles d’un futur à venir et déjà vécu, par soi ou par d’autres humains, et qui nous donnent à entendre ce qu’il pourrait bien nous advenir. On rit des personnages pour ne pas pleurer sur notre condition de mortel. « On pleure, on pleure, pour rien, pour ne pas rire, et peu à peu une vraie tristesse nous gagne. » Hamm dans Fin de partie Beckett Samuel (extrait).
Oh les beaux jours, nous parle de cette nostalgie maladive et de la vraie fin du corps, qui va être enseveli, comme digéré par ce monticule de grains de temps, de grains nourriture dont une partie de la population s’est gavée tandis que l’autre a désespérément cherché à le faire.
Enfin, c’est là la quête du metteur en scène de la compagnie, qui, à 50 ans passés, ne peut envisager sa propre mort sans avoir osé monter Beckett tant c’est toujours pour lui les textes majeurs du théâtre contemporain, accessibles et simples. « Il faut avoir vécu pour comprendre la profondeur de l’œuvre de Beckett. ».

Partenaires :
La Maison du Comédien Maria Casarès : Coproducteur
Région Poitou-Charentes : Aide à la coproduction et à la diffusion
Département de La Charente : Conventionnement
SPEDIDAM : Aide au projet théâtre


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