Résidence « Quand ça commence » Caroline Melon - Camille Duvelleroy | Cie De Chair et d'Os du 14 au 19 décembre 2020

« Quand ça commence » de Caroline Melon et Camille Duvelleroy

Quand ça commence est une expérience de réalité mixte d’une durée de 75 minutes.
Le personnage principal traque dans ses souvenirs les moments où il est tombé amoureux. Histoire de ne plus tomber amoureux.
Un à un, il décrypte ses souvenirs pour ne plus jamais souffrir, pour ne plus jamais faire mal. Pour ne plus aimer.
Pour que « quand ça commence », il le sache et arrête tout.
Quand ça commence est une fiction jouée en direct par 3 comédien·ne·s et des casques de réalité virtuelle.

Quand ça commence parle d’amour, traque ces instants où l’amour se construit ou se déconstruit. Ces instants qui n’existent que parce qu’on les raconte, on se les raconte, à deux, seul·e, après.
Quand une histoire d’amour commence ou qu’elle se termine, j’ai (ce Je est bien un nous, Caroline et Camille) besoin d’en autopsier les moments-clefs, comme pour en tirer des preuves de son déroulé, comme pour y mettre de la logique, pour donner du sens et sans doute conserver l’impression d’un peu de contrôle dans ce mouvement où tout m’échappe.
On ne cesse de parler d’amour. C’est le sujet le plus galvaudé au monde, celui dont on nous rebat les oreilles, d’une entêtante chanson de variété au plus puissant des romans.
C’est un thème totalement épuisé et complètement inépuisable.

Le début du projet / vu par Caroline Melon

J’ai rencontré Camille parce qu’elle intervenait dans une formation que je suivais à la Gaîté Lyrique sur les Narrations interactives pour smartphone.
Quand je raconte ça dans le monde du spectacle vivant, tout le monde rit comme si j’étais prise d’une lubie d’ado. Alors que les modes narratifs et l’univers du jeu ont beaucoup à nous apprendre des modes inclusifs, narratifs, participatifs. Ce serait comme un théâtre où tous les spectateurs deviennent acteurs, comme un spectacle qui se démultiplie en choix décidés par le public. J’ai recontacté Camille, avec toute l’humilité de celle qui ne sait pas. On s’est revu, et on s’est intéressé, de par la différence de nos univers (je dois avouer qu’ARTE et le CNC, ça m’épatait pas mal), mais aussi par ce qui nous rassemblait : la conviction que ce qui compte, ce sont les histoires, et que si elles ne sont pas bonnes, tout devient gadget. Et puis on est devenu copines, et on s’est raconté nos vies. Et quand je dis cela, je pèse mes mots. Parce qu’on a la même maladie : de tout nous faisons récit, pourvu que l’histoire soit bonne : qu’importe la vérité, nous préférons l’auto-fiction.

et par Camille Duvelleroy

Travailler avec Caroline, c’est une promesse d’inconnues (et qu’est-ce que c’est réjouissant, de ne pas savoir).
Le travail de Caroline repose, pour moi, sur une écriture « ouverte » où le public participe, physiquement, verbalement, en temps réel à une oeuvre, oeuvre souvent pensée pour un lieu (insolite, comme un tramway) avec des gens vivants dedans doués d’un talent d’improvisation, les comédien·ne·s.
Je fais des œuvres interactives numériques, souvent pensées pour un usage individuel, mobile, intime et sans aucune géographie (vous pouvez lire Panama Al Brown en Corrèze pendant un covoiturage ou à Montréal, pendant votre lunch avec les collègues).

Donc

Alors qu’est-ce que ça donnerait une oeuvre interactive participative numérique physique collective intime ? C’est à cette question pleine d’adjectifs (et je suis sûre qu’il en manque) que nous nous attaquons avec Quand ça commence.


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