Rhizikon Cie Rhizome / Chloé Moglia mercredi 22 mars

« Rhizikon » est un condensé allégorique, physique, visuel, auditif, visant à susciter sensations, sentiments, questionnements, rêveries, réflexions, autour de cette question de la mise en jeu
– mise en danger – de soi.

Le risque, l’imminence du danger, sont parfois déclencheurs d’une force de vie…
La nécessité de mobiliser des ressources puissantes pour le maintien de son existence apparaît souvent lorsque cette dernière est menacée. De la même manière, des rites initiatiques anciens comme le baptême consistaient à immerger une personne et à la maintenir tête sous l’eau jusqu’à la limite de la noyade. A la frontière de la mort, une force vitale archaïque, essentielle, se manifeste. C’est une « nouvelle naissance ».
En tant que trapéziste, je me suis souvent demandé ce qui m’a poussée à consacrer tant de temps à me suspendre par un bras à 8 mètres de haut… la fascination de la limite, dont le paradoxe est qu’elle peut être toujours repoussée, la recherche d’une forme d’exaltation, la tentative de restaurer un goût de vivre défaillant ?… (Cf. D. Le Breton 1991 – 2002)
Que recherche-t-on dans la prise de risque, quel est ce besoin qui nous fait côtoyer les bords du vide, conscient du danger que l’on encoure ? Attirance / répulsion / fascination…
Entre l’excès de sécurité et l’excès de mise en danger, quel équilibre ? ou quel perpétuel déséquilibre, se rattrapant de justesse mais jamais tout à fait ?
Chloé Moglia

Création : Chloé Moglia. Interprète : Mathilde Arsenault Van Volsem ou Fanny Austry
Son : Chloé Moglia et Alain Mahé. Dispositif lumière : Christian Dubet. Scénographie : Vincent Gadras
Durée 30 min.

ORIGINE DU PROJET
En 2008, Yvon Tranchant, directeur de la scène nationale de Sète et du Bassin de Thau, me sollicitait pour la création d’une courte forme destinée à être jouée dans le cadre du dispositif Languedoc – Roussillon – Lycéen tour.
Proposer un travail aérien dans un établissement scolaire semblait d’abord impossible. Mais la question du risque – recherche de limites, mise en danger de soi – s’est vite imposée, comme point de jonction entre une trapéziste et des adolescent(e)s.
Le concept d’une scénographie adaptée à une salle aux dimensions réduites a émergé : un tableau, comme un mur, une surface verticale, aux dimensions de mon corps… Et j’ai conçu une sorte de conférence, à l’image d’une parole adressée, portée tant par le corps que par les mots, le dessin, l’univers visuel et sonore. Cette forme radicalement transdisciplinaire a voyagé en marge du terrain connu du plateau de théâtre, dans la proximité de publics différents (musée, maison de quartier, université, lycées, prisons…). J’ai inscrit ce projet dans le cheminement que je poursuis depuis plusieurs années : saisir le sens de la notion du risque et en rendre perceptibles les différentes approches.
Depuis 2009, Rhizikon a été présenté en salle dans le cadre des saisons théâtrales, mais aussi hors les murs, à différents publics : festivaliers, publics dits « défavorisés », étudiants,  lycéens, prisonniers… Il a à son actif plus de 400 représentations.
A l’automne 2013, j’ai décidé une passation de rôle pour que Rhizikon puisse encore toucher un large public comme il a su le faire jusqu’à présent, avec Mathilde Arsenault Van Volsem et Fanny Austry comme interprètes.
Une passation vécue comme un approfondissement du sens de ce spectacle et l’occasion d’une transmission des matières artistiques et des procédés de travail qui sont miens.
Chloé Moglia


Participez sur les réseaux sociaux