Hope hunt + The ascension into Lazarus / TORDRE  | Danse Oona Doherty / Rachid Ouramdane Mardi 21 mars - 20h00

Hope hunt (suivi de) The ascension into Lazarus

 Cette soirée débutera de manière surprenante : rendez-vous à 20h sur le parvis du théâtre pour découvrir un vrai coup de cœur, une artiste sidérante !

 Dans ces deux performances, Oona Doherty distille l’essence masculine. Hope Hunt tente de déconstruire le stéréotype du mâle européen – en partant d’une expression physique très concrète- pour aller vers ce qui fait son âme jusqu’à devenir un oiseau de paradis. Puis dans The ascension into lazarus, en utilisant l’enregistrement audio d’échanges entre jeunes exclus de Belfast, elle transcende par la danse et la musique sacrée, la trivialité de leur quotidien.

Hope hunt

Dans cette performance, Oona Doherty distille l’essence masculine, en partant d’une expression physique très concrète pour aller vers ce qui en fait son âme. Hope Hunt tente de déconstruire le stéréotype du mâle européen pour l’élever vers des limbes éblouissants comme ceux du Caravage… pour en faire un oiseau de paradis : une chasse à l’espoir !

épisode 1 : Lazarus and The Birds of Paradise

Ce projet d’Oona Doherty utilise l’enregistrement audio de jeunes hommes de Belfast pour effectuer une performance à la fois sur la notion de genre homme-femme et mener une réflexion sociale : la danseuse transcende par la danse et la musique religieuse la trivialité du quotidien des communautés d’exclus.

Conception et interprétation : Oona Doherty. Lumières : Simon Bird. Arrangements sonores : Chris McCorry. Musicien : Rory Moore. Musique : Northern Ireland Yes « Strength »
Durée totale :  50’

Tordre

Derrière l’éclat des apparences de soi et du geste, c’est l’histoire de deux danseuses qui bouleversent l’image du corps.
Avec ce double portrait, la face A et la face B, le chorégraphe cherche à attraper le geste singulier qui nous fait chacun être à nous-même ; il a puisé dans le vécu de ses interprètes pour développer une danse sur le fil de l’émotion. Un précis de virtuosité comme une pulsion vitale.

“Tordre“ a la séduction immédiate des créations épanouies. Rachid Ouramdane y déclare son amour de la danse et de celles qui la font. Dans le brouhaha actuel, ces paroles réconfortent. Philippe Noisette (Les Inrocks).

Durée : 1h10

conception et chorégraphie : Rachid Ouramdane

Avec Annie Hanauer et Lora Juodkaite

Lumière : Stéphane Graillot

Décors : Sylvain Giraudeau

Interview de Rachid Ouramdane à propos de Tordre

Pourquoi créer un duo, et pourquoi de femmes?
À vrai dire, ce n’est ni pensé ni prémédité. C’est le résultat d’une histoire, car ce sont deux interprètes que j’ai croisées dans mon parcours, et qui, dans le travail que je leur demandais jusqu’ici, notamment en improvisation, apportait toujours quelque chose de très riche et plein. Jusqu’à présent, j’avais mis leur sensibilité et leur profondeur au service des sujets et des thèmes que je traitais, comme dans POLICES !, Des témoins ordinaires et Sfumato. Dans cette dernière pièce, la technique de giration développée depuis plusieurs années par Lora donnait à voir la perte de repères et le désarroi des réfugiés climatiques, sans pour autant être dans des rapports d’illustration mais plutôt de résonance.
Un jour, plutôt que d’interroger ces thèmes à partir de leur danse, je me suis demandé s’il ne fallait pas partir de là d’où venait ce mouvement, de là d’où venait leur façon si singulière de danser.
À la différence de mes démarches récentes où je traitais d’un sujet qui faisait débat, et dont j’étudiais ensuite la danse, la lumière, l’espace… j’ai voulu faire le chemin inverse. Partir de la danse, de la leur, et voir en quoi celle-ci nous informe sur qui elles sont, et plus largement comment le mouvement révèle une personne.
Dans leur rapport au geste dansé, il y a quelque chose de vital, d’urgent. Ce qui m’intéresse dans le portrait de ces deux femmes, c’est bien ce quelque chose de personnel et d’intime.

Pourquoi avoir particulièrement choisi ces deux femmes?
Quand Lora tournoie sur elle-même, elle n’est pas en train de danser, elle se met dans un état second auquel on assiste, qui est bien au-delà d’une performance physique, au-delà de la virtuosité.
Bien évidemment, Annie et Lora ne nous racontent pas leur vie quand elles dansent mais on sent bien qu’elles expriment quelque chose d’intime. Pas de leur intimité ou leur histoire personnelle mais un état sensible qui nous ouvre leur espace poétique et à ce qu’il y a d’extrême dans leur parcours de danseuse.

Est ce que les portraits vont être juxtaposés ou va t-il y avoir un moment de duo?
Ce seront des portraits qui se succèdent, plutôt deux soli qu’un duo, avec peut –être un moment de transition. J’imagine deux présences solitaires, partageant un même espace. Est-ce alors un duo à partir du moment où elles partagent un espace-temps donné?
En tout cas, ce n’est pas dans un souci de les faire se rencontrer. L’écriture scénique est davantage dans une logique de diptyque, qui les fait coexister.

Comment imagines-tu cette création au regard de ta démarche?
Une partie de mon travail consiste à partager le potentiel de chacun à repousser des limites, à se rendre libre finalement. Quand je travaillais avec Mg Stuart, on se créait des contraintes, des gênes, et l’on voyait la capacité qu’on avait à s’adapter, à trouver des solutions, et cela créait le mouvement, la danse. J’ai l’impression que Lora et Annie sont deux personnes qui sont toujours prêtes à transformer leurs limites, à aller de l’avant. Tous mes projets témoignent de cette capacité qu’il y a en chacun à surmonter les difficultés, résister à ce qui nous enferme et à transformer le réel qui nous entoure plutôt que de le subir. Annie et Lora ont en elles ce souffle de vie qu’il me semble nécessaire de partager.


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