Touchée par les fées  | Théâtre Avec Ariane Ascaride Mardi 10 et mercredi 11 octobre - 20h30

Le théâtre, Ariane Ascaride est tombée dedans quand elle était petite. Le dimanche, elle jouait avec ses frères dans les mises en scène de son père, un coiffeur napolitain féru de Brecht !
Consacrée par un César de la Meilleure actrice pour son interprétation dans « Marius et Jeannette » de Robert Guédiguian son époux, elle se livre en une autobiographie théâtrale.
Elle parle de ce rêve jamais réalisé : jouer Puck, cet elfe du « Songe d’une nuit d’été » de Shakespeare. C’est le point de départ de l’aventure.
Ariane Ascaride confie ses souvenirs à l’auteure Marie Desplechin et la mise en scène à Thierry Thieû Niang pour créer un théâtre intimiste et généreux.

Tout de suite on se sent chez soi, confortable, nous aussi comme des gosses heureux quand ils savent que quelqu’un qu’ils aiment bien va leur raconter une histoire, les faire voyager et rêver.
Avec elle on rit de tout, parfois la gorge serrée, mais sans pathos. — Laurence Houot, Culturebox

Entretien avec Ariane Ascaride

Mon lien avec le théâtre est un lien familial. Mon père, né à Marseille, est issu de l’immigration italienne. À l’âge de vingt ans, il entre dans la Résistance où il rencontre un ami de Marcel Pagnol qui animait le Théâtre des Quatre Vents, une troupe de théâtre d’amateurs, héritière des valeurs de la Résistance.
C’est dans cette troupe que mon père écrivait des pièces, jouait et mettait en scène. Avec mes frères Pierre et Gilles, devenus respectivement metteur en scène et écrivain, nous allions le dimanche le voir jouer par exemple du Brecht qu’ils étaient les premiers à monter à Marseille ! Ce théâtre voulait faire découvrir d’autres textes que ceux du théâtre bourgeois. Je me suis trouvée là, enfant, à jouer avec mon père et mes frères. Quand j’ai eu dix ans, nous avons joué une pièce qui racontait l’histoire d’Abraham et Isaac au Concours national de théâtre amateur à Vichy, et j’ai reçu le premier prix d’interprétation ! Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait… Vous savez, je n’ai jamais choisi consciemment de devenir actrice professionnelle, c’est venu tout seul, doucement… J’ai fait le Conservatoire à Marseille puis, tout en faisant des études de sociologie, le Conservatoire national à Paris, dans les classes de Marcel Bluwal et Antoine Vitez… Plus tard, on a inventé avec mon frère Pierre le théâtre en appartement en 1978, dans les tours de Bobigny, une aventure incroyable. J’aime créer des liens forts avec les personnes avec lesquelles je travaille, en bande, comme sur ce spectacle : l’alchimie avec Marie Desplechin – que je connaissais déjà – et Thierry Thieû Niang a été immédiate et très forte ! Recréer de la complicité, de la connivence, chercher les personnes avec lesquelles je peux avoir un langage commun est très important pour moi. Si je suis surtout connue par mes films, je n’ai jamais quitté le théâtre qui reste vital. C’est une excellente école : sur un plateau de cinéma, il y a un capitaine, le réalisateur ; sur un plateau de théâtre, on est son propre capitaine… il faut aller au combat. Et puis, il y a cette émotion première quand vous terminez un spectacle, quand la lumière s’éteint… Il n’y a qu’au théâtre qu’on vit ces moments de partage, forts, irremplaçables. Et j’ai de plus en plus envie de partager ! C’est ce que je fais avec Touchée par les fées : passer un moment avec des gens, leur raconter comment ça s’est passé et pourquoi on ne m’a jamais fait jouer Puck dans Le Songe d’une nuit d’été, un rôle dont je rêve depuis toujours… 

Ariane Ascaride

Production : Les Petites Heures


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